{"id":2,"date":"2025-03-19T19:11:47","date_gmt":"2025-03-19T18:11:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sophiesuma.org\/?page_id=2"},"modified":"2026-07-10T22:22:57","modified_gmt":"2026-07-10T20:22:57","slug":"page-d-exemple","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/page-d-exemple\/","title":{"rendered":"\u2710"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>Articles<br>Publications<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u25b2<\/strong> <em>S\u00e9lection<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab Personnages menac\u00e9s. La jeunesse trans dans les s\u00e9ries existe-telle ? \u00bb,<em> <\/em>&#8230;, 2027.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">\u270f\ufe0e Que ce soit dans des programmes am\u00e9ricains ou francophones, la jeunesse trans dans les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es existe bel et bien, mais pour combien de temps ? Alors que l\u2019administration Trump instaure un climat politique particuli\u00e8rement r\u00e9pressif \u00e0 l\u2019\u00e9gard des personnes LGBTQ+, le dernier rapport du GLAAD (Gay &amp; Lesbian Alliance Against Defamation), publi\u00e9 le 8 novembre 2025, fait d\u00e9j\u00e0 \u00e9tat d\u2019un recul net et alarmant de la visibilit\u00e9 queer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et dans les fictions am\u00e9ricaines. Il montre qu\u2019il y a statistiquement moins de personnages LGBT \u00e0 l\u2019\u00e9cran, en raison des nombreuses annulations de s\u00e9ries qui en comportaient, et note la disparition quasi totale des personnages trans dans les productions des grandes cha\u00eenes de l\u2019ann\u00e9e. En France, o\u00f9 leur visibilit\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 limit\u00e9e, celle-ci s\u2019est encore trouv\u00e9e r\u00e9cemment r\u00e9duite. Faut-il d\u00e9sormais craindre que les personnages trans soient de plus en plus menac\u00e9s de disparition ou d\u2019essentialisation ? Pourtant, au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es les s\u00e9ries ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de nouveaux imaginaires des corps et des exp\u00e9riences trans, tout en contribuant \u00e0 red\u00e9finir r\u00e9guli\u00e8rement les notions de transidentit\u00e9 et de queerit\u00e9. N\u00e9anmoins, longtemps limit\u00e9e \u00e0 quelques figures r\u00e9currentes d\u2019adultes trans (d\u2019abord interpr\u00e9t\u00e9es par des acteurices cisgenres, sauf dans de rares exceptions comme Laverne Cox pour le personnage de Sophie Burset dans<em> Orange Is The New Black<\/em>, Netflix, 2013-2019), la repr\u00e9sentation s\u2019est progressivement enrichie et complexifi\u00e9e. Les personnages ne se r\u00e9duisent plus \u00e0 des figures dont la transidentit\u00e9 est pathologis\u00e9e, victimis\u00e9e, path\u00e9tique ou p\u00e9dagogique, leurs trajectoires d\u00e9bordent d\u00e9sormais les r\u00e9cits habituels focalisant sur la p\u00e9riode de transition, ou les souffrances psychiatriques. Aussi, plusieurs personnages trans adolescent\u00b7e\u00b7s et jeunes adultes, d\u00e9sormais investis de r\u00f4les centraux dans des productions anglophones et francophones destin\u00e9es \u00e0 un large public ont vu leurs trajectoires fictionnelles progressivement s\u2019\u00e9panouir. Nomi Marks, interpr\u00e9t\u00e9e par Jamie Clayton dans <em>Sense8<\/em> (Netflix, 2015-2018), ou Jules Vaughn interpr\u00e9t\u00e9e par Hunter Schafer dans <em>Euphoria<\/em> (HBO, 2019-2926), sont peut-\u00eatre les exemples les plus populaires. Malgr\u00e9 tout, leur avenir demeure incertain et la circulation de ces figures dans les sph\u00e8res faniques et culturelles reste marginale. Ce texte propose une \u00e9tude de cas consacr\u00e9e \u00e0 Viktor Hargreeves de la s\u00e9rie <em>The Umbrella Academy<\/em> (Netflix, 2019-2024), personnage transmasc dont la transition de genre semble discr\u00e8tement et pertinemment int\u00e9gr\u00e9e au cours de la troisi\u00e8me saison \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019acteur Elliot Page \u00e0 la suite de sa propre transition. Dans la mesure o\u00f9 il ne concerne pas seulement la transformation d\u2019un personnage au sein d\u2019une fiction, mais aussi la reconfiguration simultan\u00e9e d\u2019un ensemble de relations reliant acteur, sc\u00e9naristes, plateformes de diffusion, m\u00e9dias, <em>fandoms<\/em> et d\u00e9bats publics, ce cas constitue un objet particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour les \u00e9tudes queer. Pour cause, dans la mesure ou il est presque davantage connu dans certains espaces militants trans, o\u00f9 il est parfois mobilis\u00e9 comme une v\u00e9ritable ic\u00f4ne politique, qu\u2019au sein m\u00eame des <em>fandoms<\/em> de la s\u00e9rie, Viktor Hargreeves est devenu un personnage paradigmatique, se tenant \u00e0 l\u2019intersection des luttes queer et des imaginaires trans.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab \u00c9mergence de la figure de l\u2019autiste queer \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Iconologie des diversit\u00e9s autistiques et politiques de repr\u00e9sentation dans les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es anglophones \u00bb, Actes du Colloque AuFic&nbsp;2, Toulouse, 2027.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">\u270f\ufe0e Les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es participent depuis plusieurs d\u00e9cennies \u00e0 la construction des imaginaires sociaux de l\u2019autisme. Longtemps domin\u00e9es par quelques repr\u00e9sentations r\u00e9currentes, comme les figures pr\u00e9-autistiques, celle du savant sp\u00e9cialis\u00e9, ou encore de l\u2019autiste vuln\u00e9rable et d\u00e9pendant, ces repr\u00e9sentations ont contribu\u00e9 \u00e0 diffuser une vision restrictive de l\u2019autisme, g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e \u00e0 des personnages masculins, blancs et h\u00e9t\u00e9rosexuels (Murray, 2008 ; Loftis, 2015). Plus particuli\u00e8rement, des personnages tels que Adrian Monk, dans <em>Monk<\/em> (USA Network, 2002-2009), Shaun Murphy dans <em>The Good Doctor<\/em> (ABC, 2017+), ou Sheldon Cooper dans <em>The Big Bang Theory <\/em>(CBS, 2007-2019), souvent lu r\u00e9trospectivement \u00e0 travers le spectre autistique sans \u00eatre explicitement diagnostiqu\u00e9, ou encore des personnages ouvertement d\u00e9clar\u00e9s neuroatypiques comme Sam Gardner dans <em>Atypical<\/em> (Netflix, 2017-2021), ont largement contribu\u00e9 \u00e0 stabiliser certaines figures culturelles de l\u2019autisme dans les m\u00e9dias en r\u00e9duisant la diversit\u00e9 des exp\u00e9riences autistiques \u00e0 des comp\u00e9tences, ou \u00e0 des marginalit\u00e9s neurologiques \u00e0 travers leur pathologisation. Apr\u00e8s une br\u00e8ve iconologie des repr\u00e9sentations genr\u00e9es de l\u2019autisme dans les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es anglophones contemporaines, il s\u2019agira d\u2019identifier les principales figures qui organisent ces repr\u00e9sentations, depuis les premiers st\u00e9r\u00e9otypes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9mergence de personnages explicitement inscrits dans les paradigmes de la neurodiversit\u00e9. L\u2019hypoth\u00e8se d\u00e9fendue est que les s\u00e9ries participent aujourd\u2019hui \u00e0 un d\u00e9placement progressif des imaginaires de l\u2019autisme. Cette \u00e9volution appara\u00eet particuli\u00e8rement visible \u00e0 travers l\u2019\u00e9mergence r\u00e9cente d\u2019une figure de l\u2019autiste queer, encore peu \u00e9tudi\u00e9e dans les travaux sur les repr\u00e9sentations m\u00e9diatiques de l\u2019autisme. \u00c0 partir des <em>crip studies<\/em> (McRuer, 2006 ; Kafer, 2013), des <em>neuroqueer studies<\/em> (Walker, 2021 ; Yergeau, 2018), des travaux consacr\u00e9s aux repr\u00e9sentations culturelles de l\u2019autisme (Murray, 2008 ; Loftis, 2015 ; Price, 2022) ainsi que des recherches francophones sur la neurodiversit\u00e9 (Chamak, 2015 ; Dachez, 2016 ; Coville et Lallet, 2023), cette communication analysera la mani\u00e8re dont certaines s\u00e9ries articulent d\u00e9sormais autismes, genres et sexualit\u00e9s en dehors des cadres normatifs traditionnels.\u00a0\u00c0 ce titre, une \u00e9tude de cas consacr\u00e9e \u00e0 Quinni Gallagher-Jones, personnage lesbien et autiste de <em>Heartbreak High<\/em> (Netflix, 2022+), <em>reboot<\/em> contemporain de la s\u00e9rie australienne du m\u00eame nom diffus\u00e9e dans les ann\u00e9es 1990, semble pertinent. Interpr\u00e9t\u00e9e par l\u2019actrice autiste Chlo\u00e9 Hayden, Quinni constitue l\u2019une des premi\u00e8res figures neuroqueer largement diffus\u00e9es dans une s\u00e9rie destin\u00e9e \u00e0 un public international. Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side moins dans la juxtaposition de deux identit\u00e9s minoritaires (\u00eatre autiste et \u00eatre lesbienne) que dans la mani\u00e8re dont la s\u00e9rie articule ces exp\u00e9riences pour produire une repr\u00e9sentation de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 qui \u00e9chappe simultan\u00e9ment aux normes h\u00e9t\u00e9rosexopatriarcales neurotypiques (Preciado, 2022). \u00c0 partir des travaux de Melanie Yergeau (2018), Nick Walker (2021) ou Devon Price (2022), cette communication d\u00e9fendra l\u2019hypoth\u00e8se que Quinni participe \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouvel imaginaire de l\u2019autisme \u00e0 l\u2019\u00e9cran, en posant l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un autisme pens\u00e9 non plus comme un \u00ab\u00a0don\u00a0\u00bb, un d\u00e9ficit \u00e0 corriger ou une singularit\u00e9 \u00e0 compenser, mais comme une position situ\u00e9e \u00e0 partir de laquelle il devient possible de questionner les normes sociales elles-m\u00eames. Dans un contexte marqu\u00e9 par la remise en cause croissante des politiques de diversit\u00e9, d\u2019\u00e9quit\u00e9 et d\u2019inclusion dans plusieurs pays de par le monde, et surtout en ce moment aux USA, l\u2019analyse de Quinni permettra ainsi d\u2019interroger la fragilit\u00e9 mais aussi la port\u00e9e politique des repr\u00e9sentations neuroqueer contemporaines. Plus largement, il s\u2019agira de montrer que la figure de l\u2019autiste queer ne transforme pas seulement les repr\u00e9sentations de l\u2019autisme, mais qu\u2019elle participe \u00e0 red\u00e9finir les conditions m\u00eames de visibilit\u00e9, d\u2019intelligibilit\u00e9 et de reconnaissance des subjectivit\u00e9s neurodivergentes dans la culture populaire r\u00e9cente.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab Christa Novak: The Politics of Vulnerability. Fluid Bodies and Ecoqueer Critique of Biopower in <em>Ad Vitam<\/em> (Arte 2018)\u00bb, Olivier Le Blond, Cris Robu (dir.), <em>Queer Resistance in the<\/em> <em>Francosphere<\/em>, New York, Bloomsbury Publishing Plc, 2026.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">\u270f\ufe0e In the series <em>Ad Vitam <\/em>(Arte, 2018), a technoscientific dystopia in which biological death has been delayed through liquid cell regeneration, tension is created between two bodily regimes: the posthuman optimisation promoted by society, and the queer, vulnerable and non-reproductive existence embodied by Christa Novak. By refusing regeneration, Christa becomes a figure of resistance. Neither stable nor fully gendered, her suffering body refuses to enter the cycle of standardised longevity and becomes a site of political contestation. This work questions the series as speculative ecoqueer fiction, mobilising fluid body theory (Mortimer-Sandilands, Haraway, Morton) and crip theory (McRuer, Puar) to highlight representations of a marginal, porous and subversive body. Drawing on hydrofeminism (Neimanis, 2017), the liquid \u2013 a biotechnological medium for infinite life \u2013 is also reconfigured as a fluid of political contamination, affective transmission and somatic disobedience. A central tension emerges: In <em>Ad Vitam<\/em>, a posthumanist biopower appropriates bodily fluidity to naturalise an ideal of prolonged and controlled life. In response, Christa reintroduces instability, pain, mortality and memory as sources of queer otherness and ethical connection to life. She thus becomes the vector of a post-identitarian, eco-sensitive imaginary, revealing the body&rsquo;s political plasticity and capacity to resist normalisation. Finally, as characters like this are still quite rare in French and Francophone World audiovisual fiction, this study questions the power of television series to reconfigure queer representations. What effect could such a character have on French audiences, particularly LGBTQIA+ audiences or with certain disabilities? Can these representations be considered visual expressions of political resistance, capable of bolstering the fight for social justice, diversity, and ecology? Through a combination of iconology, critical theory, and aesthetic analysis, this article explores how Ad Vitam creates a narrative space in which to consider queer, ecoqueer, and disobedient futures through fiction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab&nbsp;Corps fluides et queerisation des mondes. Pour une \u00e9cologie queer des images s\u00e9rielles&nbsp;\u00bb, Vivien Philizot, Sophie Suma, Benjamin Thomas, <em>\u00c9cologie des images<\/em>, \u00c9ditions Deux-cent-cinq, Lyon, 2025, Chapitre 3.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\" style=\"margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60)\">\u270f\ufe0e Ce chapitre explore une \u00e9cologie queer des images s\u00e9rielles en interrogeant la mani\u00e8re dont certaines figures t\u00e9l\u00e9visuelles f\u00e9minines incarnent des identit\u00e9s hybrides et transgressent les normes de genre, de sexualit\u00e9 et d\u2019humanit\u00e9. \u00c0 travers une analyse iconologique des \u201ccorps fluides\u201d, il examine comment ces repr\u00e9sentations remettent en cause les dualismes nature\/culture, humain\/non humain et \u201cnormal\u201d\/monstrueux, tout en r\u00e9v\u00e9lant des relations interesp\u00e8ces et technoscientifiques. Mobilisant les Queer TV Studies et les th\u00e9ories des \u00e9cologies queer, l\u2019\u00e9tude met en \u00e9vidence l\u2019agentivit\u00e9 des images et leur capacit\u00e9 \u00e0 red\u00e9finir les concepts de nature et de reproduction en s\u2019opposant aux r\u00e9cits h\u00e9t\u00e9ronormatifs et patriarcaux. En analysant des personnages tels que Xena, Dana Scully ou Ellie Williams, le texte souligne comment ces figures fictionnelles influencent les spectateur\u00b7rice\u00b7s et nourrissent des imaginaires alternatifs, produisant des \u00e9coqueer zones : des espaces de r\u00e9sistance o\u00f9 se jouent de nouvelles alliances entre humain\u00b7e\u00b7s et non-humains. En adoptant une approche relationnelle, ce texte d\u00e9montre que les images s\u00e9rielles du corpus \u00e9tudi\u00e9 ne se contentent pas de repr\u00e9senter des mondes queer et \u00e9cologiques, mais participent activement \u00e0 leur cr\u00e9ation et \u00e0 leur circulation, interagissant avec les discours militants, les critiques culturelles et les mouvements politiques contemporains. Le contenus de cet texte s\u2019inscrit \u00e9galement dans le projet <em><a href=\"https:\/\/www.culturesvisuelles.org\/champs-de-recherche\/ecologies-visuelles\/feminismes-et-feminismes-queer-en-ecologie\">Gender Ecology TV Series \/ GETS<\/a><\/em> (ACCRA UR 3402 &#8211; Universit\u00e9 de Strasbourg).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab Hybridations humaines, v\u00e9g\u00e9tales et fongiques. Nature queer et queerisation des images dans les s\u00e9ries&nbsp;\u00bb, <em>\u00c9tudes cin\u00e9matographiques<\/em>, \u00c9tranges Percepts, 2025.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-small-font-size\" style=\"margin-top:0;margin-right:var(--wp--preset--spacing--70);margin-bottom:0;margin-left:var(--wp--preset--spacing--70)\">\u270f\ufe0e D\u00e8s le 19e si\u00e8cle, la litt\u00e9rature foisonne de repr\u00e9sentations v\u00e9g\u00e9tales et fongiques monstrueuses. Des imaginaires colonialistes, modernistes et naturalistes croisent des visions \u00e9cologistes, \u00e9cof\u00e9ministes et queer. En parall\u00e8le des premi\u00e8res plantes meurtri\u00e8res issues des films <em>Invasion of the Body Snatchers<\/em> (1956), <em>Little Shop of Horrors<\/em>, (1960) ou <em>The Day of the Triffids<\/em> (1963), les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es op\u00e8rent une popularisation des ph\u00e9nom\u00e8nes de prolif\u00e9rations fongiques ou v\u00e9g\u00e9tales. \u00c0 quelle esth\u00e9tique avons-nous alors affaire ? Quel r\u00f4le tiennent ces images au regard des probl\u00e9matiques contemporaines impliquants le sp\u00e9cisme et diverses autres discriminations ou phobies des corps queer ? Comme th\u00e8me r\u00e9current depuis plus de 70 ans, il convient de relire l'\u00e9volution de ces hybridations corporelles dans les s\u00e9ries. Ces derni\u00e8res \u00e9tant d\u00e9sormais comprises comme un milieu moral et p\u00e9dagogique, le texte qui suit explore une iconologie des motifs horrifiques impliquant les plantes, les champignons et les humains dans de troublantes incorporations dont les formes sont peut-\u00eatre \u00e0 mettre en perspective avec l\u2019hypoth\u00e8se queer de la nature. Le contenus de cet article s\u2019inscrit dans le projet <a href=\"https:\/\/www.culturesvisuelles.org\/champs-de-recherche\/ecologies-visuelles\/feminismes-et-feminismes-queer-en-ecologie\"><em>Gender Ecology TV Series \/ GETS<\/em><\/a> (ACCRA UR 3402 - Universit\u00e9 de Strasbourg). \u27ad<em> Plantacionoc\u00e8ne - \u00c9cologie - \u00c9tudes de cultures visuelles - Queerit\u00e9 - Nature - \u00c9tudes de genre - S\u00e9ries tv<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab <\/strong><a href=\"https:\/\/preo.ube.fr\/sel\/index.php?id=493\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Images sororales dans les s\u00e9ries&nbsp;: du f\u00e9minisme \u00e0 l\u2019\u00e9cologisme<\/strong><\/a><strong>&nbsp;\u00bb, <em>Savoirs en lien <\/em>n\u00b03, Sororit\u00e9, 2025.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-small-font-size\" style=\"margin-right:var(--wp--preset--spacing--70);margin-left:var(--wp--preset--spacing--70)\">\u270f\ufe0e Si l\u2019on cherche aujourd\u2019hui \u00e0 comprendre en image les enjeux de la sororit\u00e9, il y a de fortes chances pour que nous utilisions internet ou les plateformes de streaming afin de trouver des s\u00e9ries \u00e0 regarder pour en apprendre davantage. Car, oui, les s\u00e9ries sont d\u00e9sormais comprises comme \u00ab&nbsp;des outils d\u2019\u00e9ducation&nbsp;\u00bb&nbsp; (Laugier, 2019), surtout pour les plus jeunes d\u2019entre nous. Dans ce cas, la s\u00e9lection renvoie en premier \u00e0 <em>Sex and the City<\/em> (HBO, 1998-2004), <em>Charmed<\/em> (The WB, 1998-2006), <em>Girls<\/em> (HBO, 2012-2016), <em>Orange is the New Black<\/em> (Netflix, 2013-2019), <em>Scream Queens<\/em> (Fox, 2015-2016), <em>Big Little Lies<\/em> (HBO, 2017-2019), <em>The Handmaid\u2019s Tale<\/em> (Hulu, 2017+), <em>Good Girls<\/em> (NBC, 2018-2021), ou \u00e0 <em>On the Verge<\/em> (Canal+\/Netflix, 2021) , <em>Yellowjackets<\/em> (Showtime, 2021+), <em>Filles du feu<\/em> (France 2, 2023), ou encore \u00e0 <em>Clashing Differences<\/em> (ZDF, 2023), etc. S\u2019ouvre alors une v\u00e9ritable culture visuelle de la sororit\u00e9. Or toutes ces s\u00e9ries ne semblent pas \u00e9gales dans leur d\u00e9finition esth\u00e9tiques, narratives et conceptuelles de la sororit\u00e9. Contrairement \u00e0 ce que certaines de ces fictions nous montrent, la sororit\u00e9 ne rel\u00e8ve pas de la camaraderie entre filles, de l\u2019amiti\u00e9, ni m\u00eame d\u2019un soutien ponctuel, et encore moins d\u2019un f\u00e9minisme opportuniste. Comme le rappelle bell hooks dans les ann\u00e9es 1980, il s\u2019agit plut\u00f4t de \u00ab&nbsp;solidarit\u00e9 politique&nbsp;\u00bb, et de faire converger des int\u00e9r\u00eats communs, de s\u2019accorder sur des valeurs partag\u00e9es. Il est donc avant tout question de s\u2019unir dans la diversit\u00e9, et de croire en cette union malgr\u00e9 les diff\u00e9rences de classes ou de races (hooks, 2017, 119-152). Et si la plupart de ces s\u00e9ries d\u00e9peignent la sororit\u00e9 comme tenant d\u2019une relation entre humaines, d\u2019autres fictions empruntant aux imaginaires \u00e9cof\u00e9ministes, comme <em>Extrapolations<\/em> (Apple+, 2023), <em>Frontera Verde<\/em> (Netflix, 2019) ou <em>Abysses<\/em> (ZDF, 2023), ont pu \u00e9galement \u00e9tendre ce rapport emphatique aux non-humaines et \u00e0 la Terre (Haraway, 2016). Que nous disent alors toutes ces s\u00e9ries de la sororit\u00e9 ? Et quelles images sororales pr\u00e9sentes dans ces fictions pouvons-nous reconnaitre voire appliquer dans notre quotidien ? D\u00e9s lors que les s\u00e9ries sont envisag\u00e9es comme des outils d\u2019apprentissage, ce texte vise en creux \u00e0 expliquer l\u2019importance et la responsabilit\u00e9 de ces images sororales, pas si fictionnelles\u2026 Le contenus de cet article s\u2019inscrit dans le projet <a href=\"https:\/\/www.culturesvisuelles.org\/champs-de-recherche\/ecologies-visuelles\/feminismes-et-feminismes-queer-en-ecologie\"><em>Gender Ecology TV Series \/ GETS<\/em><\/a> (ACCRA UR 3402 - Universit\u00e9 de Strasbourg). \u27ad<em> Sororit\u00e9 - \u00c9cologie - \u00c9tudes de cultures visuelles - \u00c9cof\u00e9minismes - \u00c9tudes de genre - S\u00e9ries tv<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab <\/strong><a href=\"https:\/\/culturesvisuelles.org\/revue-archifictions\/natures\/sophie-suma-mike-zimmermann-natures\"><strong>Formes multiples de la natures \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran<\/strong><\/a><strong>&nbsp;\u00bb, <em>archifictions<\/em>, n\u00b03, Natures, 2024.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong><em>\u2690 \u00c9crit en collaboration avec Mike Zimmermann<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\" style=\"margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60)\">\u270f\ufe0e Alors que les questions environnementales sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations contemporaines, les fictions audiovisuelles traitant d\u2019\u00e9cologie ne cessent d\u2019affluer sur les \u00e9crans. En effet, depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, plusieurs films et s\u00e9ries de genres environnemental, \u00e9cologique et exp\u00e9rimental prennent \u00ab&nbsp;la nature&nbsp;\u00bb comme sujet. Que cela soit dans un registre paysager, bucolique, dans une perspective morale, militante, sous le signe de la catastrophe imminente, ou de la transformation la Terre, les animaux, les mondes v\u00e9g\u00e9taux, min\u00e9raux, et humains accusent des ravages \u00e9pouvantables caus\u00e9s par les industries capitalistes. La nature prend alors plusieurs formes. En tenant compte des nombreuses d\u00e9couvertes issues de la philosophie environnementale, de l\u2019\u00e9cologie profonde, ou de l\u2019anthropologie qui ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fini et red\u00e9fini le concept de nature, ce troisi\u00e8me num\u00e9ro d\u2019<em>archifictions<\/em> propose de s\u2019int\u00e9resser sp\u00e9cifiquement aux diverses figures de la nature retrouv\u00e9es dans les films et les s\u00e9ries de fiction, dans le cin\u00e9ma exp\u00e9rimental et documentaire. \u00c0 partir de ces images, il s\u2019agit alors de distinguer les rapports, culturels, symboliques, spirituels et historiques imbriqu\u00e9s, que les humains entretiennent avec la nature. \u27ad<em> Nature &#8211; \u00c9cologie &#8211; \u00c9tudes de cultures visuelles &#8211; Postnaturel &#8211; S\u00e9ries tv &#8211; Film<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab<\/strong> <a href=\"https:\/\/journal.dampress.org\/issues\/femmes-de-sciences\/de-l-effet-matilda-a-l-effet-scully\"><strong>Femmes de sciences \u00e0 l\u2019\u00e9cran. De l\u2019Effet Matilda \u00e0 l\u2019Effet Scully<\/strong><\/a>&nbsp;<strong>\u00bb, <em>DAM <\/em>n\u00b05, 2023.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-small-font-size\" style=\"margin-right:var(--wp--preset--spacing--70);margin-left:var(--wp--preset--spacing--70)\">\u270f\ufe0e De r\u00e9centes \u00e9tudes montrent que la figure de la femme scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9cran et dans les m\u00e9dias est encore minoritaire et manque de visibilit\u00e9. Dans le sillon des \u00e9tudes visuelles et des <em>feminist media studies<\/em>, il est donc ici question de s\u2019int\u00e9resser aux images fictionnelles des femmes de sciences. Alors qu\u2019elles n\u2019acc\u00e8dent encore que tr\u00e8s difficilement aux grandes r\u00e9compenses et qu\u2019elles assistent le plus souvent leurs coll\u00e8gues masculins, quelles repr\u00e9sentations de la femme de sciences circulent alors dans les m\u00e9dias ?&nbsp; Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il convient d\u2019examiner l\u2019\u00e9volution des personnages scientifiques f\u00e9minins dans les s\u00e9ries depuis 1993, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 elles semblent sortir de l\u2019ombre (<em>The X-Files<\/em>, FOX, 1993). L\u2019\u00e9tude de plusieurs productions audiovisuelles peut ainsi permettre d\u2019identifier de quelles mani\u00e8res la culture scientifique et ses repr\u00e9sentants sont montr\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cran, et expliquer du m\u00eame coup en quoi la figure du scientifique est un objet encore trop masculin de la culture visuelle. En dernier lieu, il s\u2019agit de mesurer l\u2019influence potentielle de ces images dans la construction d\u2019imaginaires inclusifs en soutenant l\u2019hypoth\u00e8se que dans le champ des repr\u00e9sentations, l\u2019Effet Scully peut ralentir l\u2019Effet Matilda. \u27ad<em> Femmes de sciences - \u00c9tudes culturelles - Feminist media studies - S\u00e9ries tv<\/em><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ArticlesPublications \u25b2 S\u00e9lection \u00ab Personnages menac\u00e9s. La jeunesse trans dans les s\u00e9ries existe-telle ? \u00bb, &#8230;, 2027. \u270f\ufe0e Que ce soit dans des programmes am\u00e9ricains ou francophones, la jeunesse trans dans les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es existe bel et bien, mais pour combien de temps ? Alors que l\u2019administration Trump instaure un climat politique particuli\u00e8rement r\u00e9pressif \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":2,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-2","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2"}],"version-history":[{"count":61,"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":325,"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2\/revisions\/325"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sophiesuma.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}